Appel à la solidarité de M. Kouchner dans la Mission Vanni
Différentes personnalités politiques françaises interpellent M.Bernard Kouchner, Ministre des Affaires etrangères et européennes à créer un couloir humanitaire dans l’immédiat au Nord-est du Sri Lanka à travers la redistribution des 884 Tonnes de vivres provenant du convoi français.
Parmis ces médiateurs, Alima BOUMEDIENE-THIERY, sénatrice de Paris et membre de la commission chargée des affaires européennes, François Asensi, député de Seine-Saint-Denis et membre de la Commission des Affaires étrangères et Marie-George Buffet, secrétaire nationale du Parti Communiste Français et Députée de la Seine-Saint-Denis.
Paris, 15 juin 2009
Ministère des affaires étrangères
Monsieur le Ministre Bernard Kouchner
37, Quai d’Orsay
75007 Paris
Monsieur le Ministre,
Je souhaite par la présente attirer votre attention sur la situation humanitaire désastreuse de 300000 tamouls, rescapés du massacre orchestré par l’Etat sri lankais, qui se trouvent à ce jour privés de produits de première nécessité.
Entassés dans des camps de réhabilitation à Vavuniya, cette population n’a pas accès aux soins élémentaires, ni à des vivres, en raison d’un blocus imposé par les autorités sri lankaises, qui refusent l’entrée sur le territoire du pays d’un convoi de 884 tonnes de vivres et de premiers soins. Les besoins de ces populations ne sont en effet que très partiellement satisfaits par le Comité International de la Croix-Rouge, et la famine a déjà fait plusieurs centaines de morts. Le Gouvernement sri lankais a récemment refusé l’entrée d’un convoi humanitaire envoyé dans le cadre de la mission « Vanni ». Cette mission, à laquelle toutes les communautés tamoules du monde ont articipé, a été éconduites et renvoyée sur les eaux internationales, sous le prétexte du non respect administratif de certains protocoles.
Le blocus imposé par l’Etat sri lankais est intolérable, car il a pour objet, dans le prolongement du massacre de la population tamoule orchestré il y a quelques mois, à réduire à néant cette population sur le territoire.
La France, terre des droits de l’homme, ne peut rester insensible à cette catastrophe humanitaire, ni sombrer dans un silence assourdissant qui la rendrait complice d’un tel génocide. Bien que cette situation soit politiquement très sensible, il est du devoir du Gouvernement d’apporter toute son aide à cette population meurtrie et il lui incombe de prendre ses responsabilité afin de protéger ces personnes vunérables.
Le droit international humanitaire impose aux Etats parties non seulement de respecter les Conventions de Genève, mais également de les faire respecter.
Il incombe donc à la France de prendre toute la mesure de la catastrophe humanitaire en cours dans le Nord-Est du Sri Lanka, et d’obtenir du Gouvernement sri lankais l’autorisation d’entrée sur le territoire du convoi humanitaire envoyé dans le cadre de la mission Vanni.
Il en va de la vie de plus de 300000 victimes.
Convaincue que vous saurez porter une attention particulière et bienveillantes à cette requête, je vous prie, Monsieur le Ministre, de bien vouloir croire en ma respectueuse considération.
Alima Boumediene-Thiery
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M.Bernard Kouchner
Ministre des Affaires étrangères et européennes
37, quai d’Orsay
75351 Paris Cedex 07
Monsieur le ministre,
Le gouvernement sri lankais a ordonné le 8 juin dernier l’expulsion du bateau Captain Ali (IMO 6619920), qui transportait de l’aide humanitaire au profit des réfugiés tamouls victimes du récent conflit.
Affrété par la communauté tamoule d’Europe, ce bateau chargé de près de 900 tonnes de vivres et de matériel médical ne présente aucun danger pour la sécurité de l’Etat sri lankais, comme ce dernier l’a d’ailleurs reconnu.
Si le contexte de guerre a pu pendant un temps expliquer le blocage de cette cargaison, la victoire militaire du gouvernement sri lankais sur l’organisation tamoule le rend désormais injustifiable.
Certes, maladresse aidant, toutes les règles du droit de la mer n’ont pas été respectées. Mais l’urgence humanitaire et le bon sens imposent que cette aide parvienne enfin aux personnes retenues dans les camps d’internement, et ce le plus rapidement possible car le contrat d’affrètement du navire s’achève le 18 juin.
Je me permets donc de vous demander d’intervenir en ce sens auprès de votre homologue sri lankais.
Veuillez agréer, Monsieur le ministre des Affaires étrangères, l’expression de ma haute considération.
François ASENSI
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Monsieur Bernard Kouchner
Ministre des Affaires étrangères et européennes
37, quai d’Orsay
75351 Paris cedex 07
Paris, le 15 juin 2009
Monsieur le Ministre,
La Diaspora Tamoule et la France ont permis que soit affrété il y a quelques jours un bateau humanitaire contenant 884 tonnes de vivres et de produits de première nécessité, destinées aux 300.000 victimes civiles du Sri Lanka.
Je suis informée que ce convoi humanitaire, reconnu comme tel par le gouvernement sri lankais, a pourtant été refoulé hors des eaux territoriales nationales, pour des motifs administratifs.
Face à l’extrême gravité de la situation, ces motifs sont évidemment consternants et irrecevables. L’urgence exige, à mon sens, une action forte de la France. Une intervention immédiate auprès des autorités srilankaises me paraît s’imposer, en faveur de la population civile qui a été, des semaines durant, prise en étau dans le conflit et qui a, à ce titre, le droit de se voir appliquer les dispositions des Conventions de Genève.
Si, dans les plus brefs délais, les vivres ne pouvaient être acheminés et distribués à leurs destinataires, ils seraient jetés à la mer, le contrat liant les responsables du projet humanitaire à la compagnie maritime prenant fin le 18 juin. Nous ne pouvons permettre qu’un tel drame vienne s’ajouter à la catastrophe humanitaire que subit la population civile du Sri Lanka depuis des décennies.
Je vous remercie pour l’attention qu’il vous sera possible de porter à cette sollicitation très urgente.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de mes sentiments respectueux.
Marie-George Buffet



